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Le Polytechnium valenciennois : la recherche au croisement des sciences appliquées et des sciences humaines

Au sein de la toute jeune UPHF, un groupe de chercheurs s'emploie à créer un pont entre les sciences et les humanités, et concrétise ainsi le volet "polytechnique" de l'institution.

Ce rapprochement a vu le jour en 2015 dans le cadre du projet Surf Art ; à partir d’une étude approfondie des topographies des surfaces picturales, le challenge consistait à déterminer la "signature sensorielle" du peintre, et donc, à pouvoir éventuellement la reproduire pour un usage industriel. Ce projet, qui a d’emblée retenu l’intérêt de la fédération CNRS des Transports terrestres et de la région Hauts-de-France, a donné lieu à une thèse, soutenue en février 2021 par la doctorante Anna Mironova sous la codirection de Maxence Bigerelle (Lamih) et de Ludovic Nys (Criss).

Cette méthode d'analyse des œuvres complète l'arsenal technologique classiquement utilisé dans les laboratoires d'étude de la peinture ancienne, relevant de la chimie des matériaux (pigments, analyses des huiles et vernis …) et de l’imagerie au sens large (macro-photographie, rayons x, réflectographie à l’infra-rouge, etc.). Afin d'obtenir la topographie de l'œuvre, autrement dit son relief, l'équipe s'appuie sur différentes techniques de pointe dans le domaine de l’optique et de la microscopie à force atomique. La multiplicité des techniques permet l'étude de l'œuvre à différentes échelles, du nanomètre au décimètre, couplées à des images colorimétriques de très haute définition.

Bien évidemment, tout ceci nécessite de lever de nombreux verrous scientifiques. Tout d'abord, la cartographie 3D à très haute résolution d'une œuvre ne s'obtient pas en une fois, mais en assemblant, à la manière d'un patchwork ("stitching"), un grand nombre de mesures élémentaires. La masse des données qui résulte de ces mesures est énorme, et son exploitation est en soit un challenge. (stockage, analyse, partage…).

Topographie d'une œuvre

Grâce à la collaboration active des collègues de l’ex-département d’Arts plastiques, les résultats basés sur l’analyse multi-échelle semblent montrer que la topographie des œuvres surface contient des indicateurs de la latéralité de l'artiste (gaucher/droitier). Ce serait là, si la stratégie se confirme, une première mondiale, mais la méthode doit encore être approfondie et éprouvée.

En outre, l’un des enjeux majeurs est d’enrichir le patrimoine, plus particulièrement le patrimoine numérique connu sous le nom d’« Hyperheritage », vaste champ d’investigation dans lequel le laboratoire DeVisu est lui aussi fortement impliqué.

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